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Colloque «Les frontières de la légitimité»

Colloque international
Université de Liège
10-11 mai 1999


Actes

Lieux littéraires / La revue. Revue du Centre d’études romantiques et dixneuviémistes, 5, juin 2002, 226 p. Dossier «Sociologie de la littérature. La question de l’illégitime». Publication de l’Université Paul-Valéry, Montpellier III. ISBN : 2-84269-611-5. Prix : 13 euros (hors frais de port).

Table des matières


Orientation

Le présent colloque s’inscrit dans le cadre d’une recherche commune menée depuis trois ans par un groupe de chercheurs québécois, français et belges. Ce projet de recherche, qui a déjà donné lieu à plusieurs rencontres ouvertes («Figures atypiques et illégitimité culturelle», Université de Montréal, mars 1997; «Les modifications de l’imaginaire de l’écrivain des Lumières aux romantiques», Université de Tours, octobre 1997; «Illégitimité culturelle et marginalités littéraires», Délégation générale du Québec à Paris, mai 1998), s’est donné pour objet l’étude des productions et des producteurs irréguliers ou atypiques : à travers les cas des «fous littéraire», des bâtisseurs de systèmes philosophico-politiques ou de la représentation que la littérature consacrée propose de ces figures aberrantes, il s’agit en fait de penser la question de l’illégitimité littéraire et culturelle, telle qu’elle s’est posée et a évolué entre 1715 et 1914.

La proposition d’étudier la problématique de l’illégitimité littéraire à travers les XVIIIe et XIXe siècles constitue en effet un choix heuristique à la fois stimulant et nécessaire, dans la mesure où il semble bien que ce soit à la charnière des Lumières et de la modernité que se met en place de façon décisive le système de représentations et de valeurs qui commande la problématique de l’illégitimité. En faisant porter l’interrogation sur ces deux siècles, qui constituent deux périodes que l’histoire littéraire tend souvent à disjoindre fortement, il s’agit de faire apparaître les lignes de force d’une évolution des représentations et des valeurs littéraires qui n’a pas nécessairement été pensée jusqu’ici avec toute la rigueur souhaitable.

Dans cette perspective, il nous paraît que le cadre théorique et méthodologique de ces rencontres pourrait tirer profit des concepts de la sociologie de la littérature et de la culture, entendue au sens large et sans préférence a priori pour une quelconque école ou mouvance; ceux-ci sont les plus opératoires pour traiter adéquatement l’objet concerné, à savoir l’illégitimité. Il ne s’agit pas ici d’imposer à la recherche un cadre théorique préconçu, mais plutôt d’examiner dans quelle mesure une approche de type sociologique est susceptible de fournir des instruments conceptuels et méthodologiques adaptés à la problématique de l’illégitimité et permettant de déboucher sur la construction d’un modèle théorique original et adéquat.

Enfin, la notion de marginalité, qui a été au coeur des rencontres précédentes, nous semble avoir montré son rendement, mais aussi ses limites : lourdement connotée, sur-investie par des représentations littéraires et culturelles qui sont précisément celles que nous étudions, elle présente en outre une plasticité conceptuelle, visible dans les multiples interprétations qu’elle a suscitées, qui la rend difficilement manipulable. Aussi, afin de relancer la recherche théorique, proposons-nous d’abandonner, provisoirement au moins, les notions de marge et de marginalité et de leur substituer celle de frontière. Celle-ci est en effet de nature à modifier la perspective dans laquelle a été abordé jusqu’ici le couple légitimité/illégitimité : d’une réflexion en termes d’irrégularité, d’atypicité, d’exclusion, voire d’aberration ou de folie, elle permet de passer à une réflexion orientée par les notions de limite, de démarcation (et donc de distinction), de séparation, voire de borne ou de confins. Appliquer à notre objet une sociologie de la frontière, c’est étudier comment les diverses formes d’illégitimité que nous avons jusqu’ici rencontrées participent à un processus de constitution et de définition d’ensembles culturels (qu’on peut appeler champs) distincts et autonomes, et comment elles autorisent à en saisir les logiques spécifiques.

Comme lors des rencontres précédentes, les interventions porteront sur les XVIIIe et XIXe siècles. Elles pourront consister soit en une réflexion purement théorique, visant à proposer, à partir de la notion de frontière, un cadre conceptuel et méthodologique propre à penser la question de l’illégitimité, soit en une étude de cas, susceptible d’éclairer la problématique générale du colloque.


Programme provisoire


Secrétariat du colloque

Jean-Pierre Bertrand
Université de Liège
Département d’études romane
3, place Cockerill
4000 Liège
Belgique
Téléphone : 04.366.57.19
Courriel : jp.bertrand@ulg.ac.be

Benoît Denis
Université de Liège
Département d’études romanes
3, place Cockerill
4000 Liège
Belgique
Téléphone : 04.366.52.86
Courriel : ben.denis@ulg.ac.be


Comité organisateur

Membres belges

Jean-Marie KLINKENBERG (professeur ordinaire à l’Université de Liège, responsable administratif du colloque)

Jacques DUBOIS (professeur émérite de l’Université de Liège, Département d’études romanes)

Jean-Pierre BERTRAND (Chargé de cours suppléant à l’Université de Liège, Département d’études romanes)

Benoît DENIS (Assistant à l’Université de Liège, Département d’études romanes)

Jeannine PAQUE (Collaboratrice de l’Université de Liège, Département d’études romanes)

Paul ARON (Directeur de recherches du FNRS-Université libre de Bruxelles)

Membres étrangers

Jean M. GOULEMOT (Université de Tours et Institut universitaire de France)

Benoît MELANÇON (Université de Montréal, Département d’études françaises)

Pierre POPOVIC (Université de Montréal, Département d’études françaises)

Comité scientifique

Marc ANGENOT (Université McGill, Montréal)

Paul ARON (FNRS-Université libre de Bruxelles)

Danielle BAJOMÉE (Université de Liège)

Jean M. GOULEMOT (Université de Tours et Institut universitaire de France)

Jean-Marie KLINKENBERG (Université de Liège)

Pierre POPOVIC (Université de Montréal)


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