RAPPORT DE RECHERCHE DANS INTERNET

" L’ARGENT VIRTUEL ou CASHLESS SOCIETY "

Annie Dauphin

Le 21 février 2000

TABLE DES MATIÈRES


 

Identification du sujet

Formulation du sujet

Construction de la stratégie de recherche et exécution

Évaluation de l'information et compilation

Conclusion

 

 
 
 

IDENTIFICATION DU SUJET

     
    Laissez-moi vous amener à travers un " voyage cybernétique ". Dans ce travail de recherche dans Internet, je vous propose d’en savoir un peu plus sur l’argent virtuel ou le " cashless society " si vous préférez. Tout d’abord, de quoi s’agit-il? Ces quelques mots évoquent une vision futuriste du genre " Star Trek. ". Pourtant, nous nous rapprochons de cette réalité à la vitesse de la lumière. De façon concrète, il s’agit d’une société où l’argent de papier serait remplacé par une forme d’argent électronique.

    J’ai choisi ce thème parce qu’il touche les individus de la planète entière sans discrimination quand à leur race, leur âge et leurs croyances religieuses. Lors de mon premier survol sur le web, j’ai été estomaquée du nombre de gens que ça intéresse. Nous sommes tous et chacun des utilisateurs potentiels directs et indirects de cette nouvelle technologie. C’est pourquoi il est important de s’informer et d’en discuter ensemble. On n’a, par exemple, qu’à se questionner sur la disponibilité de cet argent virtuel en cas de panne (i.e. : crise du verglas) et du nombre de personnes qui ont accès à un ordinateur et savent comment l’utiliser. Ce ne sont là que quelques aspects qui suscitent des inquiétudes.

    " Désormais, l’accès et le traitement de l’information, de plus en plus rapides, ne dépendent plus de considérations géographiques ou temporelles. ". Cette phrase tirée de l’article de Hubert Bitan paru dans le numéro 32 de Experts en septembre 1996 (http://www.cnejita.org/TEXTES/ART_007.HTM) représente, selon moi, la meilleure façon d’aborder la spécifité de cette enjeu technologique, économique et de société.

    Depuis à peine les huit dernières années, le pourcentage des transactions réalisées par le peuple canadien à l’aide d’une carte de plastique de type bancaire, à puce ou de crédit a subit une croissance exponentielle. On n’a qu’à consulter les statistiques du gouvernement canadien (http://strategis.ic.gc.ca) pour se rendre compte que des cartes de plastique à l’argent de plastique, il n’y a qu’un pas à franchir…

    Est-ce que l’avénement d’une société complètement virtuelle risque vraiment de se produire? Quel impact aura-t-elle sur le droit des individus et de leur liberté dans une société où le droit individuel prône sur le droit collectif? Comme vous le constaterez plus loin, ce sujet soulève des interrogations de tout genre au sein d’un nombre illimité d’individus et d’organismes.

    Une deuxième raison pour expliquer le choix de cette question réside dans le défi de taille que constituera l’implantation de l’argent virtuel (cashless society) pour les professionnels des relations publiques. Dans un passé rapproché, les relationnistes des institutions bancaires ont réussi à éduquer les gens et à les convaincre d’utiliser les cartes de guichet à l’instar des comptoirs bancaires traditionnels; au même titre que les colonisateurs l’avaient fait avec les " standards de l’or " et l’argent de papier que nous connaissons aujourd’hui.

    En fouillant dans l’histoire, on constate que l’argent, sous toutes ses formes, a toujours fait partie de toutes les sociétés pour améliorer le niveau de vie des individus. L’an 2000 sera le millénium de l’information. Il est donc logique d’envisager une nouvelle évolution de sa monnaie à l’aube de ce nouveau millénaire. Dans un monde en constant changement et évolution, il sera important de surveiller attentivement les progrès qui seront fait dans ce secteur. Ça nous concerne tous.


FORMULATION DU SUJET

     
    Pour localiser les sites qui traitent de cet enjeu, je débuterai ma recherche en formulant le sujet le plus simplement possible. J’utiliserai les mots-clés français et anglais " cashless society " et "  argent virtuel ".

    Si nécessaire seulement, j’ajouterai le synonyme e-cash à ma recherche initiale et je préciserai ma recherche en combinant ces mots-clés avec : économie, economy, banque, bank, religion, politique, politic selon le cas dans le but de pointer les volets cités plus haut dans l’identification du sujet.
     

CONSTRUCTION DE LA STRATÉGIE DE RECHERCHE ET EXÉCUTION
 

Avant de commencer ma recherche, j’ai consulté les aides des moteurs de recherche que j’ai sélectionnés dans le but de connaître au préalable les spécifications leur étant propres. J’ai trouvé cette démarche quelque peu fastidieuse, mais elle m’a été grandement utile par la suite pour maximiser l’utilisation de chacun et cerner les sujets d’intérêt identifiés dans l’identification du sujet. Je n’ai pas regretté d’avoir résisté à la tentation de sauter cette première étape de familiarisation.

Dans tous les moteurs de recherche et les répertoires que j’ai utilisés, j’ai lancé ma première recherche avec : cashless society, argent virtuel. Dans les cas où les résultats des recherches se sont avérés insatisfaisants, j’ai raffiné ma demande en suivant les recommandations des aides de recherche respectifs des moteurs et j’ai consulté les notes de cours.
 

Les moteurs de recherche


Toujours en me référant aux notes de cours, j’ai utilisé les moteurs de recherche suivants : Mamma (http://www.mamma.com), HotBot (http://www.hotbot.com) et Alta Vista (http://www.altavista.com).
 

Les répertoires


J’en ai choisi trois : Yahoo! (http://www.yahoo.com), Yahoo!France (http://www.yahoo-france.com) et La Toile du Québec(http://www.toile.qc.ca).

Mamma : À la demande : cashless society, argent virtuel, j’ai reçu 52 résultats. Un nombre raisonnable et des sites qui sont pertinents. Je tiens à souligner que ce moteur de recherche montréalais a la qualité de spécifier les moteurs de recherche d’où originent les sites qu’il livre : Lycos, Excite, FindWhat, Infoseek, 4anything, etc…. Avec ces résultats, je n’ai pas jugé nécessaire de pousser davantage la recherche à l’aide de synomymes, d’acronymes ou autres.

HotBot : En utilisant les mêmes mots-clés, je n’ai obtenu AUCUN résultat. J’ai donc utilisé les guillemets tel que spécifié dans l’aide à la recherche : " cashless society " OR " argent virtuel ". Rien non plus.

On suggérait également d’être bien spécifique. Je n’ai pas désespéré et j’ai relancé ma demande en ne formulant cette fois-ci que " cashless society ". Les résultats qui me sont apparus étaient diversifiés et allaient des enjeux bancaires aux dillemes religieux. J’y reviendrai au dernier chapitre. Même chose pour la recherche exclusivement en français avec " argent virtuel " avec toutefois beaucoup moins d’à-propos.

Alta Vista : Je recommence ma recherche avec les mêmes mots-clés que les moteurs de recherche précédents. Ma trouvaille débouche sur 188 406 pages! Je ne trouve rien d’intéressant à l’intérieur des dix premiers sites listés.

Encore une fois, je me réfère à la rubrique d’aide à la recherche avant d’amorcer ma deuxième requête. Avec : (cash* +society) OR (argent virtuel), je ne reçois rien de séant.

J’y vais donc d’une troisième demande en séparant cette fois-ci les termes francophones et anglophones et en ajoutant une troncature. Ça y est! Avec : cash* + society, plus de 7 309 965 pages s’offrent à moi. Et les dix premiers résultats proposés incluent même un site agréable intitulé : Canada poised on brink of the cashless society (http://insight.dcss.mcmaster.ca/org/efc/pages/media/spectator.01oct97a.html) dont je reparlerai lors de l’évaluation des résultats au chapitre quatre. Pour ce qui est de la recherche en français (argent +virtuel), seulement le premier résultat est relié au sujet de ma recherche. Il s’agit du site du gouvernement canadien (http://strategis.ic.ca/SSGF/ca00533.html) que j’ai mentionné dans l’identification du sujet. Il a été modifié pour la dernière fois le 14 août 1999.

Yahoo! : Même chose qu’avec les résultats obtenues avec HotBot. C’est-à-dire rien. En relançant ma recherche avec les guillemets et les opérateurs booléens suggérés dans l’aide à la recherche, on ne me propose qu’un site : (http://www.jrc.es/iptsreport/vol00/dkcyberc.doc.fr). Le contenu de sa vitrine semble intéressant à première vue mais il a malheureusement été déformé par la conversion du format Word en html. Du fait, sa lecture est rendue ardue et quasi impossible.

Une fois de plus, je relance ma recherche en séparant les mots-clés selon la langue. Ça fonctionne : 1 642 pages. Les sites trouvés sont tous plus intéressants les uns que les autres! Des implications technologiques aux enjeux politiques en passant par les prophéties à saveur d’apocalypse, il y en a pour tous les goûts. Il y a même un site d’humour! En français, " argent +virtuel " compétitionne avec son cousin anglais en fournissant 1 535 pages qui manquent toutefois de pertinence.

Yahoo!France : Ce répertoire m’a malheureusement amenée vers un sondage bidon auquel je n’ai pas eu envie de répondre. Je suis d’avis que les outils de recherche devraient être fidèles à leur but initial : faciliter et accélérer la cueillette d’information pour les utilisateurs avec l’intention de leur sauver du temps.

La Toile du Québec : Je n’obtiens aucun résultat avec les mots-clés. Je tente le tout pour le tout avec les opérateurs booléens (argent +virtuel, cashless + society) et en séparant les mots-clés des deux langues. Aucun lien dans les deux cas. Rien de concluant non plus avec les guillemets.


 

ÉVALUATION DE L’INFORMATION ET COMPILATION

     
    Avant tout, j’ai privilégié les sites d’intérêt général pour me familiariser avec le sujet. Celui que je recommanderai le plus est celui de Reynolds Griffiths (http://www.sfasu.edu/finance/FINCASH.HTM) qui contient un article écrit pour le " Southwestern Society of Economists ". Cet article qui s’intitule " Cashless Society or Digital Cash " décrit de façon concise les paramètres et les prémices d’une société où l’argent de papier que nous connaissons aujourd’hui serait éliminé. Son site est simple et nous pouvons prendre connaissance de son contenu sur un fond blanc. Il n’a pas recours à des accessoires du genre tapes-à-l’œil ou superflus. Même si cet article a été écrit en mars 1994, il constitue à mon avis, un point de départ idéal pour le profane qui désire avoir un portrait résumant les principaux enjeux mis en cause. L’abondance de références à des ouvrages et à des sources externes vient appuyer la crédibilité de l’auteur.

    Le large éventail des sites que j’ai trouvés et recensés pour creuser le sujet sont pour la plupart américains et présentent des articles opiniâtres rédigés en anglais. Ils se présentent à peu près tous sous la forme la plus simple. À l’exception de ceux à saveur de propagande et de controverse. Ces derniers font appel à toutes les ressources disponibles sur le web : animation, couleur provocantes, etc… Nonobstant l’opinion véhiculée dans ces sites, il est à noter qu’ils offrent presque tous de nombreux hyperliens vers des sites parents ainsi qu’une adresse de courriel où les commentaires et les questions peuvent être adressés.

    Pour effectuer le tri parmi les sites que j’ai trouvés, je me suis fiée à l’information contenue dans la description de leur méta-étiquettes. Afin de dresser le portrait le plus complet et simple possible, j’ai classé les sites que j’ai retenus dans trois catégories : enjeux technologiques, économiques ou de société.

    Enjeux Technologiques


    L’article de Hubert Bitan cité un peu plus haut dans l’identification du sujet (http://www.cnejita.org/TEXTES/ART_007.HTM), fait une réflexion intelligente sur les contraintes et les avantages que comporte la révolution technologique de la dématérialisation de l’information. J’ai apprécié la vulgarisation des termes qu’il a choisi pour décrire la valeur juridique et la sécurité du transfert d’informations sur Internet. J’ai aussi trouvé particulièrement intéressante la description des implications légales d’un concept vu en classe : l’EDI (échange de données informatiques). Tout comme Reynolds Griffiths, son site est drabe mais bien documenté. Son intérêt réside dans le contenu plutôt que dans le contenant. Il est à noter que les onze page qui le constituent se lisent comme un charme.

    Le site le plus récent que j’ai trouvé s’intitule : " Are you ready for a cashless society? " (http://www.networkusa.org/fingerprint/page5a/fp-05a-page5a-cashless.html). On y offre une vraie une fenêtre sur l’ère " Star Strek "! La copie d’un communiqué de presse paru le 15 décembre 1999 nous apprend qu’un brevet a déjà été attribué pour l’insertion de puces électroniques sous la peau humaine. Un vrai roman de science-fiction, et pourtant…

    Je terminerai cette catégorie avec le site : " Canada poised on brink of the cashless society " (http://insight.dcss.mcmaster.ca/org/efc/pages/media/spectator.01oct97a.html). L’usage abondant de photos judicieuses donne enfin un visage humain à cette technologie futuriste. On y parle de la société Mondex International Ltd., détenu par MasterCard (http://www.mondex.com) et leader numéro un de la commercialisation de l’argent électronique. Sur fond blanc, on nous apprend que la Banque Royale, la Banque Impériale de Commerce Canadienne et Bell ont joint leurs efforts dans le but de trouver des applications au produit développé par Mondex. Pour ce qui est du site de Mondex, je déborde d’éloges à son égard. Sa disposition articulée, qui rend la navigation facile, converge avec les caractéristiques du produit qu’il vante. Le site de Mondex et cette vitrine sont mes préférés.
     

    Enjeux Économiques

    Je vous inviterai à lire l’excellent article publié dans la sérieuse revue Forbes en novembre 1998 sur le site http://www.apocalypsesoon.org/xfile-1.html. Son auteur, qui n’est pas identifié soit dit en passant, discerte sur la nécessité d’instaurer une uniformité entre les devises internationales à l’intérieur d’une société dont le système économique serait basé sur l’argent virtuel. La compétition entre les banques est féroce parce que les clients peuvent d’ores et déjà gérer leur compte du bout des doigts sans que leur succursale ne se trouve au coin de la rue. Imaginez un instant que votre banque vous menace de vous imposer une nouvelle taxe. D’un simple " click! " vous transférez votre argent dans une banque se trouvant à New York.

    À son opposé, et comme tous les groupes de pression qui se respectent, le site qui porte le nom " The Future of Money " (http://www.geocities.com/CapitolHill/Lobby/2103/form_index.html), nous invite vers le site de MasterCard (http://www.mastercard.com) pour appuyer sa théorie extrémiste d’une société capitaliste en perdition. Son texte fait preuve font preuve d’une gymnastique intellectuelle remarquable dans la façon dont il présente son argumentaire.
     

    Enjeux de Société

    À ma grande surprise, j’ai découvert que les fanatiques religieux sont nombreux à crier à l’apocalypse...une fois de plus. Je déplore le fait que plusieurs de ces sites nous emprisonnent dans leur périmètre de présentation. Ce qui constitue en soi une sorte d’atteinte aux libertés individuelles….

    On n’a qu’à visiter les multiples hyperliens présentés sur un fond noir avec des caractères qui se démarquant dans un rouge démoniaque sur le site " New World Order " (http://www.disinfo.com/prop/newordr/prop_newordr_cashless.html) pour se rendre compte de toute la controverse suscitée par l’argent virtuel (cashless society). Ces hyperliens nous amènent vers des titres tout aussi choquants et forts de sous-entendus que : 666 : The Mark of the Beast, Book of Revelations, Living Hell, I owe my soul to the company store, etc...

    J’ai tout de même repéré un site modérateur qui malgré son titre choc " 666 and World Economic Life " (http://home.vicnet.net.au/~gnaust/vic7/71-02.html) explore avec une belle présentation sur un fond jaune et un développement logique, les implications de l’argent virtuel au niveau politique, l’élimination du marché au noir et des revendeurs de drogue, etc…

    Contrairement aux sites de controverse où les auteurs affichent des couleurs de fin du monde et d’apocalypse qui suscitent l’émotion et peuvent impressionner les internautes de vulnérables, les sites que l’on pourrait qualifier de " plus sérieux " sont plutôt drabes.

    À l’exception peut-être du site officiel du gouvernement canadien (http://strategis.ic.gc.ca/SSGF/ca00533f.html) cité plus haut qui offre une présentation chaleureuse et propose un accès à la province de notre choix dans une des deux langues officielles. Plus de quarante-trois professionnels peuvent être contactés par le biais du courriel. Je déplore toutefois son contenu faible et pauvre qui ne stimule pas ou peu l’intérêt pour le sujet.

    Dans leur ensemble, la lecture des propos que j’ai parcourus m’a démontré à quel point il est devenu aisé d’avoir accès du bout des doigts à l’opinion de tant de gens…et de pouvoir les contacter! Si on retourne à peine dix ans en arrière, les heures consacrées à un travail de recherche semblable auraient été décuplées. Je ne peux m’empêcher de trouver quelque peu troublant le fait qu’à l’intérieur de cette démocratie, qui n’est contrôlée d’aucune façon encore à l’heure où j’écris ces lignes, tout individu qui possède un ordinateur et un modem puisse publier n’importe quelle propagande en se servant du web. La difficulté de la vérification des sources est également accrue.

    À noter, la durée de vie des sites extrémistes semble aussi courte que leur effort est grand à choquer et provoquer. Au moment où j’ai tenté de retourner sur certains de ces sites, ils n’étaient déjà plus en service.


     

CONCLUSION

Ce qui est certain, c’est que l’argent virtuel (cashless society) engendrera la modification des comportements et des habitudes des consommateurs et des organisations de tous types.

Sur le plan personnel et professionnel, cette recherche a soulevé en moi un panoplie de questions que j’ai pu explorer et partager grâce à ce " réseau de réseaux " avec des gens des quatre coins de la planète. J’espère que ma recherche vous a plue et je termine en vous invitant à me faire parvenir vos commentaires.